Une base spatiale à la Réunion :
de l’utopie au New Space
Chacun
le sait, la Réunion est une région exceptionnelle qui offre de nombreuses
possibilités en matière de recherches environnementale et scientifique, et qui plus
est, dans le cas précis d’une mission lunaire ou martienne. Qu'en est-il des
projets émis ?
Il y a quelques mois, l’astronaute
Jean-Jacques Favier avait été invité par le maire de Saint-Philippe Livier
Rivier, dans le cadre de l’événement "Magmagnifique". Une troisième
visite à la Réunion pour le scientifique sur la recommandation de son ami Guy
Pignolet, expert spatial avec lequel il a travaillé au Centre National d’Etudes
Spatiales (CNES). « Je suis ici à
des fins scientifiques dans le domaine spatial, de la recherche fondamentale, des
applications… La Réunion qui se situe dans l’Océan Indien n’a pas de relais, de
grandes antennes utiles lorsque des satellites ou des sondes passent au-dessus
de l’hémisphère sud. Ce serait une bonne raison de considérer l’île comme un
point d’ancrage d’antenne de ce type. » explique l’astronaute.
Deux autres sujets touchent de près le
chercheur, d’une par le programme d’exploration du système solaire pour un
retour sur la Lune et d’autre part, la découverte de Mars en envoyant des
astronautes.
« Il
faut préparer ces missions qui sont longues et difficiles. Les entraînements
des astronautes doivent être très poussées et nous trouverions sur l’île de la
Réunion, des sites qui permettraient de pouvoir nous entraîner en quasi
conformité avec ce que l’on va trouver sur la lune ou sur Mars au niveau des Coulées
de Laves et de la Vallée des Sables, qui est la réplique du sol martien, sa couleur,
sa partie désertique (…) et on pourrait imaginer y installer une base
scientifique pour y former des astronautes durant six mois ou plus. » explique J-J
Favier.
Autour du volcan, les tubes de lave
semblent similaires à ceux que l’on imagine sur la lune, grâce aux photos
prises par les satellites et les robots. Ces sites pourraient représenter des
habitats naturels pour les prochaines missions lointaines. Une installation en
surface serait contraignante avec des structures lourdes, or dans le domaine
spatial, chaque kilo embarqué est un paramètre important. Dès lors, les
astronautes pourraient s’ installer dans les tubes de lave, à l’image des
hommes des caverne en s’équipant d’une simple structure gonflable, légère.
« Nous
avons conscience que ce site unique est reconnu par l’Unesco (Organisation des
Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture. NDLR) mais on peut
aller plus loin en essayant d’en tirer tout le profit pour la Science, j’ai pu
le constater à travers des conférences et les rencontres avec le Conseil
Départemental. » ajoute l’astronaute.
Pour cette potentielle et ambitieuse entreprise,
l’argent et le financement de ce programme sont des freins notables. La science
coûte chère de manière générale et les Etats ont, dans certains cas, des moyens limités mais il y a
une nouvelle approche : celle du New
Space. En effet, les agences spatiales ne sont plus les seules clientes pour
ce type de projet. Des entrepreneurs particuliers s’intéressent à
l’exploitation, la découverte et l’exploration spatiale, citons par exemple Elon
Musk, la Chine… mais aussi en Europe. D’où l’idée d’intégrer un programme sur
le site de la Réunion pour organiser et répondre à ces objectifs.
Seulement, voilà ! Depuis près de trente ans, l’ancien
polytechnicien Guy Pignolet, tente de persuader les citoyens, les investisseurs
privés et la classe politique du développement d’activités spatiales possible depuis
l’île de l’Océan indien. Et on se prend à rêver de « Campus martien, d’hôtel-spa-voyage suborbital, de lancements de
nano-satellites ». Avec de tels projets en perspective, une réflexion sur
l’évolution de l’île s’impose toujours à ce jour. Le développement spatial
est-il compatible avec des sites naturels classés, avec la biodiversité et
l’endémisme de l’île ? Si les idées martiennes de Guy Pignolet font florès,
la germination risque d’être lente au regard des défenseurs du paradis
réunionnais.
Claudy
Janshon

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