jeudi 28 mars 2019

Une base spatiale à la Réunion : de l’utopie au New Space

Une base spatiale à la Réunion : 

de l’utopie au New Space


Chacun le sait,  la Réunion est une région exceptionnelle qui offre de nombreuses possibilités en matière de recherches environnementale et scientifique, et qui plus est, dans le cas précis d’une mission lunaire ou martienne. Qu'en est-il des projets émis ?

Il y a quelques mois, l’astronaute Jean-Jacques Favier avait été invité par le maire de Saint-Philippe Livier Rivier, dans le cadre de l’événement "Magmagnifique". Une troisième visite à la Réunion pour le scientifique sur la recommandation de son ami Guy Pignolet, expert spatial avec lequel il a travaillé au Centre National d’Etudes Spatiales (CNES). « Je suis ici à des fins scientifiques dans le domaine spatial, de la recherche fondamentale, des applications… La Réunion qui se situe dans l’Océan Indien n’a pas de relais, de grandes antennes utiles lorsque des satellites ou des sondes passent au-dessus de l’hémisphère sud. Ce serait une bonne raison de considérer l’île comme un point d’ancrage d’antenne de ce type. » explique l’astronaute.

Deux autres sujets touchent de près le chercheur, d’une par le programme d’exploration du système solaire pour un retour sur la Lune et d’autre part, la découverte de Mars en envoyant des astronautes.
« Il faut préparer ces missions qui sont longues et difficiles. Les entraînements des astronautes doivent être très poussées et nous trouverions sur l’île de la Réunion, des sites qui permettraient de pouvoir nous entraîner en quasi conformité avec ce que l’on va trouver sur la lune ou sur Mars au niveau des Coulées de Laves et de la Vallée des Sables, qui est la réplique du sol martien, sa couleur, sa partie désertique (…) et on pourrait imaginer y installer une base scientifique pour y former des astronautes durant six mois ou plus. » explique J-J Favier.

Autour du volcan, les tubes de lave semblent similaires à ceux que l’on imagine sur la lune, grâce aux photos prises par les satellites et les robots. Ces sites pourraient représenter des habitats naturels pour les prochaines missions lointaines. Une installation en surface serait contraignante avec des structures lourdes, or dans le domaine spatial, chaque kilo embarqué est un paramètre important. Dès lors, les astronautes pourraient s’ installer dans les tubes de lave, à l’image des hommes des caverne en s’équipant d’une simple structure gonflable, légère.
« Nous avons conscience que ce site unique est reconnu par l’Unesco (Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture. NDLR) mais on peut aller plus loin en essayant d’en tirer tout le profit pour la Science, j’ai pu le constater à travers des conférences et les rencontres avec le Conseil Départemental. » ajoute l’astronaute.

Pour cette potentielle et ambitieuse entreprise, l’argent et le financement de ce programme sont des freins notables. La science coûte chère de manière générale et les Etats ont, dans certains cas, des moyens limités mais il y a une nouvelle approche : celle du New Space. En effet, les agences spatiales ne sont plus les seules clientes pour ce type de projet. Des entrepreneurs particuliers s’intéressent à l’exploitation, la découverte et l’exploration spatiale, citons par exemple Elon Musk, la Chine… mais aussi en Europe. D’où l’idée d’intégrer un programme sur le site de la Réunion pour organiser et répondre à ces objectifs.

Seulement, voilà ! Depuis près de trente ans, l’ancien polytechnicien Guy Pignolet, tente de persuader les citoyens, les investisseurs privés et la classe politique du développement d’activités spatiales possible depuis l’île de l’Océan indien. Et on se prend à rêver de « Campus martien, d’hôtel-spa-voyage suborbital, de lancements de nano-satellites ». Avec de tels projets en perspective, une réflexion sur l’évolution de l’île s’impose toujours à ce jour. Le développement spatial est-il compatible avec des sites naturels classés, avec la biodiversité et l’endémisme de l’île ? Si les idées martiennes de Guy Pignolet font florès, la germination risque d’être lente au regard des défenseurs du paradis réunionnais.
Claudy Janshon

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