Je lui disais après lecture de ses livres et mails privés:
“_ Or je ne peux m’accorder sur votre notion de "pessimisme" qui a mes yeux n'a aucun sens ( pas plus avec l'idée de laisser tomber une lecture de l'histoire , dont celle de l'art bien sûr). Retirez l’expression “ vérité poème" si vous le voulez d'un Heidegger qui vous heurte alors qu’il “s'achemine vers la parole” pourtant. Or avant toute chose, il est incontournable d'annoncer que la vie est... ceci quoi qu'en décident les hommes, ces derniers étant "des animaux comme les autres" ( René Girard) , quelque soit leur degré d'arrogance ou leur aspiration suicidaire. Nous sommes au monde. La vie est. À noter qu'elle nous dépasse. Elle ne nous appartient pas. Pour tout dire, elle se fiche complètement de nous.
“_ Or je ne peux m’accorder sur votre notion de "pessimisme" qui a mes yeux n'a aucun sens ( pas plus avec l'idée de laisser tomber une lecture de l'histoire , dont celle de l'art bien sûr). Retirez l’expression “ vérité poème" si vous le voulez d'un Heidegger qui vous heurte alors qu’il “s'achemine vers la parole” pourtant. Or avant toute chose, il est incontournable d'annoncer que la vie est... ceci quoi qu'en décident les hommes, ces derniers étant "des animaux comme les autres" ( René Girard) , quelque soit leur degré d'arrogance ou leur aspiration suicidaire. Nous sommes au monde. La vie est. À noter qu'elle nous dépasse. Elle ne nous appartient pas. Pour tout dire, elle se fiche complètement de nous.
En tant qu'artistes nous tentons sans cesse de l'aborder tel une maitresse turbulente, indomptable, jamais acquise.
Quel défi plus jubilatoire, voire jouissif que celui de consacrer sa vie à apprendre à accueillir ses règles de jeux, admises comme vraies lois du vivant !
Quel défi plus jubilatoire, voire jouissif que celui de consacrer sa vie à apprendre à accueillir ses règles de jeux, admises comme vraies lois du vivant !
J'aime beaucoup le regard de Georges Steiner qui humblement nous explique qu'invité de la vie, son soucis aura été de se comporter en amitié avec elle pour la rendre en partant au moins en l'état où elle lui fut confiée initialement.
Penser au service de quelque vérité ouvre le chemin le plus court pour la vraie vie (à la place de "poème" on peut y voir la notion de Grâce soulevée par Pascal et les jansénistes) , laquelle se manifeste par un immense bonheur dès lors qu'on prend plaisir à défier toutes les formes de scepticisme, de renoncement, de cynisme, de relativisme, d'ironie de "non dupe errant".
Personnellement, je sais gré à Heidegger d'avoir tout le temps parlé de responsabilité, de répondre à l'appel de l'être qui n'est pas un appel de quelqu'un, ni d'un dieu.
Bien sûr qu'il n'a rien évité des horreurs connues ! Était-ce sa fonction ?
Il n'est descendu d'aucune croix pour montrer LA voie.
Chacun existe responsable avant même de répondre en terme de conscience morale. Toute personne est responsable d'un appel qui lui arrive du dedans d'elle-même.
_ Ou pas !
Comme le dit Mallarmé : "Toute pensée émet un coup de dés".
Le tort actuel, relate Alain Badiou, tient dans le fait que "nous vivons un monde impropre au pari, à la décision hasardeuse ou simple prise de risque.Il est devenu inconcevable de livrer son existence à l'improvisation, car dans notre nouveau monde, règne la nécessité d'un calcul de la sécurité."
Tout se passe comme si nous n'étions pas mortels, comme si on pouvait soudainement prétendre savoir de quoi demain serait fait.
Hannah Arendt se positionnait ainsi : "L'essentiel pour moi c'est de comprendre. Je dois comprendre. L'écriture chez moi, relève également de cette compréhension: elle fait aussi partie du processus de compréhension".
Souvenez-vous lors du procès d'Eichman, H.Arendt souligne ( sur la même tonalité qu'Heidegger) à propos du récit de l'impossible dire de cette histoire:
"il fallait _ du moins hors du domaine de la transposition poétique_ une pureté d'âme, une innocence de coeur et d'esprit irréfléchie et sans complaisance que seuls les justes possèdent."
Georges Steiner a continué la même voie exactement , doté d'une exigence similaire, en élargissant au maximum le champ de son étude, toujours à propos de cette" banalité du mal"
" Maintenant, tout près de la fin de ma vie, reste pour moi ce paradoxe insoluble qui est celui du tout début de mon travail : comment est-il possible qu’un homme joue du Schubert ou du Mozart le soir et torture le matin ? Autrefois, je disais à tout le monde : « Aidez-moi à comprendre ». Arthur Koestler m’expliquait que les hommes avaient deux cerveaux, un cerveau éthique et un cerveau bestial, territorial. Mais c’est de la blague. L’homme n’a pas deux cerveaux, il n’en a qu’un, hélas. D’autres évoquaient une sorte de schizophrénie organisée. Je n’y crois pas non plus. Après plus d’un demi-siècle d’enseignement, j’émets donc l’hypothèse, qui m’attriste énormément, que la puissance de l’imaginaire est telle qu’elle abolit tout principe de réalité. J’appelle cela le « paradoxe de Cordelia ». Lorsque je passe un après-midi à enseigner les actes III et IV du Roi Lear, je rentre dans le monde de Cordelia et de son agonie. Je vous dirais la même chose à propos du théâtre de Racine ou des Fleurs du Mal. Quand je les lis, je n’entends plus le cri qui survient dans la rue. Ou plus exactement, je l’entends et je ne l’écoute pas : les deux verbes sont très différents. Parce que le cri dans la rue, c’est le chaos, la vulgarité, le contingent. Alors que le cri de la fiction est d’une pureté et d’une intensité totale. Est-il possible que l’art, la grande émotion esthétique nous rendent un peu moins humains ?"...
Dans "l'Intranquilité, F. Pessoa ne détonne pas non plus :
_ "A l'heure actuelle le monde appartient aux imbéciles, aux agités, et aux sans coeur.
On s'assure aujourd'hui le droit de vivre et de réussir par les mêmes moyens pratiquement que ceux qui vous assurent le droit d'être interné dans un asile: l'incapacité de penser, l'amoralité, et la surexcitation. "
Nous nous accordons tous plus ou moins n'est-ce pas sur le fond , n'est-ce pas ?
Et maintenant c'est vous que je cite :
Après avoir ramené à ma rescousse tous ces philosophes au-dessus, vous comprendrez qu’au plaisir de vous lire ( vous écouter aussi) je ne peux qu'adhérer au déroulement de la plupart de vos analyses. Sauf que... Je ne suis pas d'accord avec le sujet "nous". Même que ça me met très en colère. Autant que lorsqu'on m'englobe dans le "nous avons détruit la planète, nous l'avons polluée jusqu'à son centre, nous sommes en crise économique, nous n'avons plus de pétrole, nous nous tuons si nous fumons, nous devons passer notre crème contre les UV, nous devons trier les déchets, nous ...
Il n'y a pas de complot mais bel et bien le choix d'une politique économique mondiale mise en place en détruisant méticuleusement pièce à pièce et à l'abri de toute morale c'est sûr,
ce qui relève d'une pensée en exercice, d'un jugement critique possible et surtout du respect de l'humanité.
C'est détestable : il est question de "l'homme nouveau", celui qui consomme sans état d'âme, sans penser, sans histoire, parce que Hermès serait le Dieu désigné de l'échange et du commerce qui garantirait la paix par intérêt entre les personnes de bonne volonté sur toute la terre.
C'est ça l'option.
Ce qui est fou c'est qu'est posée non moins l'idée que nous sommes partie prenante d'une civilisation avancée, qui se cabre quand on parle de corrida et qu'on fait mal aux poules d'élevage, et qui banalise l'éternel même jeu de guerre, donnant le droit de vie ou de mort sur autrui , sachant que celui qui gagne la partie, c'est celui qui aura fait le plus de mort. Et pour ce faire, en tant que civilisation supérieure, nous sommes les bons intelligents qui trouvons banal, normal, de fabriquer des machines de morts hyper sophistiquées qui peuvent même se mettre en marche à distance contre les pauvres d'un autre temps et faire un maximum de morts sans bouger de son fauteuil.
Et de s'indigner sur le fonctionnement des "inhumains"adversaires, se demandant ce qu'ils peuvent avoir psychiquement de déréglé dans leur tête pour oser tenter de riposter artisanalement avec les moyens du bords, défiant notre terrain de jeu. Les nazis auxquels tant d'européens ont adhéré, étaient instruits, blancs voire blonds aux yeux bleus et bien catholiques comme il faut.
S'il vous plait rien qu'en relisant Hannah Arendt c'est dit, démontré avec le compte rendu du procès d'Heichmann.
" L'argent de l'influence " dont je vous avais parlé montre cette énergie cynique et ses processus déployés en tout domaine.
Il s'est trouvé qu’en parallèle de mes lectures, j’ai pu avoir accès à des documentaires concernant la guerre de 14, côté français, côté allemand,
les réactions et la montée d'Hitler en Allemagne. L'attitude des juifs en 1930. Les positions des pays de l'Est voguant entre l'Allemagne orientée vers le nazisme et la Russie, vers le communisme.
Le nec ultra de la torture contre les juifs par exemple était montrée côté Bulgarie qui a joué comme actuellement la Turquie, sur le front commun de l'antisémitisme.
J'ai ainsi vu des reportages avant, pendant et après la guerre côté français, côté allemand, version juive.... puis la restauration de la paix des 2 côtés dans les années 45/ 50., la création de l'état d'Isarël et son attitude, après que les palestiniens aient accueillis les juifs migrants durant la guerre pour les sauver. .. toute l'évolution des pays du moyen orient...
Je ne suis pas historienne. Juste une copine de Charlie Chaplin. J'aime comprendre et c'est ce que je tente de faire.
Et je crois en notre responsabilité à tous.
Il n'y a plus de pouvoir dans le champ de la politique.
C'est guignolesque , ubuesque, et la parodie ne sert qu'à raconter qu'il était une fois, la république et la démocratie...
Ils ont voté, et puis après ?
les médias complices rapportent des paroles vides comme si elles avaient un contenu.
Tout est à faire.
C'est un passage.
La vie s'en remettra.
La vie est le tout possible, par définition, elle est alternative.






Que c'est joli, c'est un ballet, un duel dansant et chantant, sur fond sérieux, étoilé, ailé et infini. Vive la vie sous toutes ses guises, vive la réalité aux formes multiples, les carrefours et autres croisements de chemins. Bravo pour ces phrases, et surtout pour les légères et mélodieuses angelines qui le portent à bout d'aile. Merci aussi pour le beau blog, j'aime ses coquelicots et son Picasso. Je vous aime aussi, belles commères dans le meilleur sens du mot.
RépondreSupprimerOui c'est ça : cultivons nos commérages et blablatages pour toujours accueillir ce monde dans ce qu'il a d'infiniment vivifiant !
RépondreSupprimerEh bien ! Après un concentré d'écriture et une concentration dans la lecture...Va pour un pacte d'humanité dans l'improvisation ! Ce peut être une des alternatives. Et comme nous sommes respectivement des "JE", il est hors de question de nous mêler au Radeau de la Méduse (promiscuité et cannibalisme étant tentaculaire) quand l'Art nous convie si généreusement à l'Espoir, l'Unicité...Les commères angéliques le savent bien et parfois s'y appliquent !
SupprimerComme disait Pierre DAC : " Si la matière grise était plus rose, le monde aurait moins les idées noires."