mercredi 21 octobre 2015

Pensées magiques à la naissance de ma démarche artistique





Enfant, quand j'arpentais les allées de mon immense jardin la nuit tombée, je constatais, que la lune suivait mes pas... et si je regardais vers l'arrière et me retournais, elle était toujours là.  Même si je me retournais une nouvelle fois encore, elle ne me quittait pas.


J'ai grandi un peu et j'ai su imaginer qu'il existait d'autres enfants qui de l'autre côté de la terre étaient accompagnés eux-aussi de cette lune si haute parmi les étoiles, de sorte que eux et moi en même temps, pouvaient la voir.







Où que j'aille, où que mes parents aient pu m'emmener, j'étais fascinée par les cailloux dont je bourrais mes poches.

J'ai grandi un peu, et j'en portais des plus gros,  de très beaux, car j'ai cru pouvoir imaginer que les cailloux n'ayant pas de jambes pour se déplacer comme moi, je pouvais leur faire profiter de l'usage des miennes.

J'ai un peu grandi et appris qu'il existait des grandes personnes dont le métier d'archéologue avait pour fonction de faire parler les pierres,. Du coup ai-je eu envie de jouer avec le temps et l'espace, en imaginant l'archéologue des siècles plus tard, se demandant comment et pourquoi une sublime pierre taillée du lac Majeur en Italie par exemple, pouvait se trouver au coeur du parc d'un vieux monastère espagnol en haut des Pyrénées, tandis qu'un énorme cailloux d'Espagne pouvait se retrouver dans l'immense forêt de Rambouillet et qu'un cailloux de là, était atterri en Irlande, côté Ouest.






 J'ai grandi franchement, et les sables du monde entier ont pris le relai de mes jeux,
_ du fait de leur texture et de leur couleur si extraordinairement variées,
_ du fait aussi d'être peintre et d'avoir encore pour objectif magique et enchanteur de faire se rencontrer sur mes toiles ce qui dans le monde ne le pouvait pas de soi.








Aussi me suis-je passionnée de l'étude des symboles des civilisations et des religions à travers le temps et le monde, pour jouer à les mettre en relation, pour le plaisir de tisser tous ensemble ce lien d'amitié avec le monde tel qu'en mon enfance cette question m'a semblé la plus lumineuse et sereine à suivre, comme la brillance de l'étoile du berger.












... de là, in fine, la traversée des anges, comme pour voir d'en haut tous les cailloux de la terre.











C. Cisinski

1 commentaire:

  1. O qu'il est doux de se mettre dans les bottes de l'ange et de lui emprunter ses ailes pour regarder les cailloux de la terre.
    Voilà qui me rappelle une autre démarche du même genre: un artiste islandais a fait transporter d'énormes blocs de granit de Chine pour les aligner le long du sentier côtier de Reykjavík, avec la prosaïque et banale roche volcanique islandaise. Une installation tactile et visionnaire, en écho avec les déplacements de cailloux entre pays, entre forêts...

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