L'automne est une saison de couleurs et de métamorphoses. C'est aussi un point de vue sur le sentier parcouru l'été durant et son cheminement vers le coeur de l'hiver.Nous, les humains, nous sommes curieux de nature, Nous marchons sans cesse vers l'inconnu du lendemain et le pays derrière la motte. Nous scrutons l'horizon et nous vivons dans le but, semble-t-il, de repousser sans cesse les limites de notre monde, qu'il s'agisse d'un lopin de terre ou d'un système planétaire.
En automne, les étoiles apparaissent de plus en plus tôt sur le ciel profond. Il paraît que les physiciens inventent une nouvelle histoire de la création du monde tous les six mois, tant leur science les mène vers des domaines insoupçonnés. Ainsi, il serait judicieux que l'espèce humaine se rende à l'évidence: nous ne percevrions qu'environ 10% de ce qui est. Cela laisse une certaine marge, vous en conviendrez. Si on admet que notre perception est ainsi limitée, les découvertes de la science rentrent dans une sorte d'ordre, les formules et les équations riment entre elles et tombent d'accord. En d'autres termes, la science moderne est un ramassis de balivernes si on ne prévoit pas qu'une grande partie de l'univers nous est cachée.
Oui, cette marge de 90% est une merveille, une aubaine pour les débiteurs de légendes, les rappeurs, les poètes peu ou prou de tout acabit. C'est un espace illimité, libre à chacun de le peupler à sa guise, en y accueillant des licornes et des dragons, des chats bottés et des anges fripons et souriants; c'est un vaste terrain de jeu pour le pouvoir créateur de l'espèce humaine.
Adolescente, je voyais la société humaine comme un mur de prison s'élevant si haut que je voyais à peine le ciel. Cette vision a bien changé. À présent, je vois des murets de tourbe d'où jaillit le pissenlit vivace et joyeux: jaune solaire sa fleur. Les fâcheux veulent contrôler leurs confrères en leur faisant peur, pour les manipuler et faire en même temps leur beurre: ce sont les laquais de la finance mortifère. Laissons-les faire, ils ne savent pas ce qu'ils manquent. Même les anges nous envient notre créativité, elle vit et fleurit dans ce flou de 90%.
Ainsi, voici notre arme, notre bouclier contre les glapissements des média et autres entités vampires avides de pouvoir: ignorer les fâcheux, ne pas réagir à leurs incitations à la peur, respirer profondément, capturer l'instant présent, brandir le haiku flamboyant et vivre.
l'ange sur la vitre
sourit au petit matin
un miracle à l'aube
Le flou, l'aléatoire, l'incertain... un espace dont le vivant ne saurait se passer, faute de librement pouvoir circuler.
RépondreSupprimerC'est aussi grâce au flou et l'incertain qu'il y a présence possible pour de l'Autre. Un monde sans l'aléatoire, est une unité stérile mortifère.
Et "ils clignèrent de l'oëil"...