mardi 3 novembre 2015

Les fonctions du Langage...suite



A la suite des écrits de la belle Catherine...


Une autre langue permet de "nommer les choses à neuf, comme au matin du monde" F.C.
J'ajoute :

Le langage construit des représentations de la réalité.
Oui, selon nos propres interprétations

Nous édifions des significations.
Oui, selon le degré de notre compréhension, de notre éducation, notre instruction 

Le langage sert à nous libérer du monde.
Oui, que serions-nous sans le monde ?
n’est-il pas un repaire ? 
voire un refuge ?

Le langage s'abstrait du monde pour construire un autre monde.
Le langage, source universelle de compréhension entre les hommes, s’appauvrit, s'atrophie,  celui-là même dont nous sommes les héritiers mute…

Le langage sert à questionner le faux-semblant, à défier toute affirmation.
Mais aussi les vrais semblants ...
Le langage se situe "entre". Il est la conséquence de la pensée et précède l’action

Discuter sert à réduire la distance du même à l'autre,
?
Je dirais….dialoguer, dia (à travers, entre) et logos (le discours, la parole)
à s'éprouver les uns les autres, dans l'exercice du champ de nos vérités.
Et à approuver autant qu’appréhender…pour AIMER


                                                                             CJ

7 commentaires:

  1. Oh des mots des mots, du vocabulaire dont le sens se balance selon le contexte, les conditions, les condictions. Chaque phrase a autant d'interprétations possibles que de lecteurs potentiels. L'essence du message se situe entre les mots et les lignes. L'interstice est la demeure du sens, le sang de la pensée ailée, l'accès à l'infini.
    Logos: raison suprême, pierre de voûte d'un édifice sublime et immatériel.

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  2. Ouvrir... C'est l'usage des mots dont on nous dit de plus en plus ces temps-ci, "qu'il y en a trop", du fait de n'avoir plus en tête la vision d'une grammaire acquise qui les ferait circuler pour entendre ce qu'ils disent.
    Oui nous édifions du sens avec ce dont nous disposons, avec nos outils conscients disponibles ainsi qu'avec ce qui nous dépasse, tout cet insu que nos émotions invoquent... en partie. Car il y de l'impossible dire, dont souvent l'art s'empare.
    Chaque mot est une valise d'un contenu en vrac relié à une autre. On se débrouille avec ça, en bricolant dans l'interstice en effet, là où séjournent tous les possibles de
    l'interprétation... soit de nos projections, de nos inventions. Dialoguer permet de mettre en rapport, d'aller voir ce qui tient en commun ou diverge, histoire d'articuler un possible sens commun.
    Et voilà, à nous 3 ici... ben ça produit ça qui vole à notre place une fois dit. C'est donné.
    :-D

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  3. Dans la communication analogique, donc ce qui n'est pas verbal ou digital :
    la règle des 7% – 38 % – 55 %, la fameuse règle d’Albert Mehrabian :

    7 % de la communication est verbale.
    38 % de la communication est vocale ( intonation et voix ).
    55 % de la communication est visuelle ( expression du visage et du corps ).

    L'essentiel réside non pas sur les 7 % mais sur les 73 %... car l'individu conscient et inconscient à la fois, communique plus encore avec les yeux, la voix, l'intonation, les mouvements de la tête et du corps qu'avec les mots...

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  4. Les beautés de l'arithmétique donnent à rêver au lieu-dit des mots...
    Sacré Albert avec sa règle, qui donne la mesure !
    A t'il pu mesurer l'amour des mots dont nous parlons , notre gratitude envers la caisse à outils qu'ils représentent ? En soi les mots ne rendent ni intelligents, ni sensibles, ni savants. Ils nous reflètent, nous portent, nous transportent selon notre désir d'être... ou ne pas être ... ( "C'est ça la question"...) Par eux, nous décidons du lien qui nous unit à nous-mêmes, à l'autre, au monde.
    A l'origine de mon propos, je soulevais justement le fait nouveau d'une forme de détestation des mots en faveur de l'image, une manière de rejeter tout désir d'apprendre, de comprendre, d'échanger du sens. "Il y a trop de mots" est une injonction récurrente plutôt sidérante, n'est-ce pas ?

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  5. Le propos est à nuancer, Catherine. "Trop de mots" dits, soit !
    Pas assez de mots précis, concis, serait plus juste.

    La tendance confirmée de l'appauvrissement des mots de notre belle langue de Molière, n'est qu'une goutte d'eau par rapport à la disparition de nombreuses langues, dialectes et patois (conf. Olof et le breton ;-)) dans le monde au profit d'une uniformisation.
    Les résistants se réfugient dans l'Espéranto, comme son nom l'indique, quand la majorité opte délibérément, aveuglement pour la langue d'inspiration shakespearienne, un anglais approximatif dans lequel chacun intègre un peu de son vocabulaire inventé... c'est là qu'interviennent, les mimiques, la gestuelles et toute cette communication non verbale, pour se faire comprendre, le cas échéant.

    Mais pour revenir aux mots de trop, oui, ceux qui font mal, ceux qui nous réduisent à suivre les slogans, ceux qui banalisent, qui sanctifient, qui crucifient, ceux qui pronnent l'evolution de la société, enfin ce qu'elle devient...impuissante à réagir contre le gré des anges...

    Alors évidemment, l'invention arabe des chiffres, n'a pas pour vocation de fertiliser les mots d'esprit, mais de nous entraîner dans un univers plus rationnel, un abri dans notre climat incertain...où les anges ont bien du mal à voler !

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  6. Le propos est à nuancer, Catherine. "Trop de mots" dits, soit !
    Pas assez de mots précis, concis, serait plus juste.

    La tendance confirmée de l'appauvrissement des mots de notre belle langue de Molière, n'est qu'une goutte d'eau par rapport à la disparition de nombreuses langues, dialectes et patois (conf. Olof et le breton ;-)) dans le monde au profit d'une uniformisation.
    Les résistants se réfugient dans l'Espéranto, comme son nom l'indique, quand la majorité opte délibérément, aveuglement pour la langue d'inspiration shakespearienne, un anglais approximatif dans lequel chacun intègre un peu de son vocabulaire inventé... c'est là qu'interviennent, les mimiques, la gestuelles et toute cette communication non verbale, pour se faire comprendre, le cas échéant.

    Mais pour revenir aux mots de trop, oui, ceux qui font mal, ceux qui nous réduisent à suivre les slogans, ceux qui banalisent, qui sanctifient, qui crucifient, ceux qui pronnent l'evolution de la société, enfin ce qu'elle devient...impuissante à réagir contre le gré des anges...

    Alors évidemment, l'invention arabe des chiffres, n'a pas pour vocation de fertiliser les mots d'esprit, mais de nous entraîner dans un univers plus rationnel, un abri dans notre climat incertain...où les anges ont bien du mal à voler !

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  7. J'entends bien ce que tu dis Claudy et tu prêches une convaincue sur les plaisirs et usages de notre langue, ou même celle des autres cultures.
    "Il y a trop de mots" n'est pas de moi. Si j'ai proposé de créer ce blog, c'est comme je te l'avais dit au préalable, parce que partout autour de nous, en plus du milieu facebook, mais aussi dans le monde de l'art, lorsque je discute avec artistes ou galeristes, les gens qui logent en ces lieux des langages travaillés comme on allait à la mine, ne savent plus tenir leur attention sur une phrase complexe, considérée tel à partir de la première proposition subordonnée... Exemple, celle que je viens d'écrire à l'instant, n'est pas audible oralement, ni lisible à l'écrit. "Trop de mots", c'est ce qui est dit. Tut comme cette année, 3 galeristes sont venus voir mon travail en atelier et jamais je n'avais entendu de ma vie, cette même phrase que chacun m'a donné à entendre : "trop de dessins"... et: "trop de travail"... et "trop de mots".
    C'est de cette folie mythifiant le vide de sens dont je parle, de cette détestation de l'exercice de la pensée, aveugle à tout geste créatif conséquent.
    Car n'oublie pas qu'en tant que psy, je prodigue également un soin dont l'accompagnement s'effectue via le déliement de la parole... Et ça aussi, c'est une posture fondée sur l'usage du temps opposé à celui de la vitesse d'exécution de la consommation mythique du citoyen écervelé, la tête plongée dans ses "applications ", seul horizon de tous les possibles contemporains.
    C'est de cela dont je parle Claudie, qui fonde donc l'existence de ce blog... puisque la justesse des mots par les échanges facebookiens, ne peut s'effectuer que phrase simple publiée par phrase simple, en quelques mots.

    Nous n'en sommes même pas à considérer que des mots blessent ou bien encouragent et pansent car penseraient. Il y a rejet du sens d'avoir l'acquis d'une culture comme nécessité en vue de rencontrer l'autre, le monde et donc soi-même.
    Et mes anges sont dépités à regarder tout ça de haut... toutefois, comme la vie, comme le monde, ils étaient là avant et seront en envol par delà les semences de tant de bêtises. Même pas peur pour eux ! Ceci du fait que qui est donné, contrairement à ce que les miséreux de la langue croient, n'est pas à leur merci. C'est.

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